Memo du 15 mai 2026

3 min.

Le PAPSS veut réduire la dépendance aux devises étrangères dans les paiements intra-africains, Madagascar renforce le contrôle public sur les minerais critiques, et des groupes chinois consolident leurs positions minières en RDC.

Afrique | Économie • Finance

PAPSS : le système africain qui veut réduire la dépendance aux devises étrangères

PAPSS : le système africain qui veut réduire la dépendance aux devises étrangères
PAPPS

Ce qui s'est passé

Le Panafrican Payment and Settlement System (PAPSS) est un système de paiement transfrontalier lancé en 2022 par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), en partenariat avec l’Union africaine et le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il permet des paiements entre pays africains en monnaies locales, sans passer systématiquement par le dollar ou l’euro.

Basé à Accra, au Ghana, le système connecte banques centrales et institutions financières participantes. Par exemple, une entreprise d’un pays africain peut régler un fournisseur dans un autre pays en monnaie locale, pendant que le bénéficiaire reçoit directement sa propre devise, la compensation étant assurée entre institutions financières. Le déploiement reste progressif selon les pays et les banques connectées au réseau.

Pourquoi c'est important

Aujourd’hui, une large part des paiements entre pays africains transite encore par des banques situées hors du continent et par des devises intermédiaires, y compris lorsqu’il s’agit d’échanges entre deux économies africaines. Selon Afreximbank, cette dépendance génère plusieurs milliards de dollars de coûts de transaction par an.

PAPSS vise à réduire ces frais et à accélérer les règlements transfrontaliers. Pour les PME engagées dans le commerce régional, l’enjeu est concret : des transactions plus rapides, moins coûteuses et libellées en monnaies locales. L’initiative répond aussi à un objectif plus large de la ZLECAf, qui cherche à faciliter le commerce à l’intérieur du continent.

Sources :
  • PAPSS
  • Afreximbank
  • Union africaine
Afrique | Économie • Mines

Madagascar renforce le contrôle de l’État sur les minerais critiques

Mine de Ambatovy, Madagascar
Mine de Ambatovy, MadagascarAmbatovy

Ce qui s'est passé

Le gouvernement de transition malgache accroît le contrôle public sur plusieurs minerais critiques, notamment le graphite, le nickel, le cobalt, les terres rares et l’ilménite. Les autorités cherchent à renforcer la supervision des projets miniers jugés sensibles et à augmenter la part des retombées économiques captée par l’État.

Cette évolution fait suite à l’adoption d’un nouveau code minier en 2023, qui révise les conditions d’octroi des permis, renforce certaines exigences environnementales et sociales et prévoit une implication accrue de l’État dans le secteur. En janvier 2026, Madagascar a également levé un moratoire de 16 ans sur les nouveaux permis miniers, tout en maintenant des restrictions sur l’or.

Pourquoi c'est important

Ces ressources occupent une place importante dans les chaînes d’approvisionnement mondiales des batteries, des véhicules électriques et de l’électronique. Plusieurs pays et blocs économiques cherchent à sécuriser leur accès, ce qui renforce l’intérêt économique des gisements malgaches.

Pour Madagascar, l’enjeu est d’attirer des investissements tout en captant une part plus importante de la valeur générée par ses ressources naturelles. Le nouveau cadre réglementaire sera scruté par les investisseurs étrangers, dans un secteur où rentabilité, gouvernance et contraintes environnementales restent des variables déterminantes.

Sources :
  • Reuters
  • Dentons Mining Law
RDC | Économie • Mines

Cuivre : la Chine cherche à consolider ses positions minières en RDC

Cuivre : la Chine cherche à consolider ses positions minières en RDC

Ce qui s'est passé

Des groupes chinois cherchent à renforcer leurs positions dans le secteur du cuivre en RDC, notamment dans le sud du pays, tandis que les États-Unis intensifient leurs échanges avec Kinshasa autour des minerais critiques et de leur transformation locale. Selon La Tribune, plusieurs entreprises chinoises poursuivent leurs investissements dans les actifs miniers congolais.

La RDC est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième producteur mondial de cuivre, derrière le Chili. Ces deux minerais sont importants pour les batteries et les infrastructures électriques utilisées dans la transition énergétique.

Pourquoi c'est important

L’intérêt simultané des États-Unis et de la Chine pour ces ressources place la RDC au centre d’intérêts industriels concurrents. Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse l’extraction : il porte sur la capacité à capter davantage de valeur ajoutée à travers la transformation locale.

Sources :
  • La Tribune
  • USGS
  • Reuters